[CRITIQUE] Power Rangers (2017)

Résumé : Un groupe d’étudiants qui sont infusés avec pouvoirs uniques doivent maîtriser leurs habilités afin de sauver le monde.

Critique :

S’il y a un genre cinématographique précis qui fait recette au box-office, c’est bien le sous-genre du long-métrage de superhéros. Que ce soit Marvel ou DC Comics, les deux compagnies fondatrices font un maximum de longs-métrages qui demeurent incontournables, tout en cumulant des profits assez impressionnants. D’ailleurs, avec l’année 2017 qui offrira des œuvres comme Guardians of the Galaxy: Vol. 2, Wonder Woman, Spider-Man: Homecoming, Thor: Ragnarok ou Justice League, il demeure que les studios donnent beaucoup de choix intéressants qui rendront les spectateurs heureux. Pour autant, avec beaucoup moins de visibilité, il demeurait que mon attente de l’année au niveau des superhéros était clairement le reboot de Mighty Morphin Power Rangers. Bien que les héros de Saban Brands (tout comme Disney, il y a quelques années) aient toujours été une risée pour le grand public, il demeure que chaque année est des plus intéressantes avec une nouvelle saison qui débute sur Nickelodeon, tout en ayant des nouveaux Power Rangers sympathiques. Pour autant, l’année 2017 était franchement prometteuse avec la pellicule de Dean Israelite qui promettait de revigorer le blason des héros de Fox Kids, tout en rendant ceux-ci sérieux, sombre et avec une approche réaliste et actuelle dans la balance. Ne restait qu’à voir jusqu’à quel point l’œuvre serait en mesure de réussir un tel pari, tout comme si les fanatiques et néophytes apprécieraient cette nouvelle approche relativement différente!

Affiche américaine

L’histoire de ce reboot de Mighty Morphin Power Rangers débute en grande pompe avec une vieille équipe de Power Rangers qui aura été tuée par Rita Repulsa, pendant l’époque préhistorique. Dans un dernier souffle, le ranger rouge de cette époque aura placé en sécurité les cinq transmorphers pour une éventuelle nouvelle équipe. Des siècles plus tard, nous suivons Jason Scott, un footballeur, qui ce sera mis dans le beau drap en commettant une blague qui lui aura valu un accident de voiture. Dès lors, il est puni par la loi avec un bracelet autour de la cheville et une obligation de faire des cours d’été à Angel Grove High School. Pendant ses heures de retenues, il fera la connaissance de Kimberly Hart et Billy Cranston, avec qui il développera rapidement une amitié. Se rendant sur le chantier de construction de Angel Grove, Jason, Billy, Kimberly, accompagnés de Trini et Zack, feront la découverte des fameux transmorphers. Dès lors, grâce à cesdits appareils, les cinq adolescents avec des aptitudes verront des changements radicaux dans leur force, endurance et résistance physique. Après plusieurs expérimentations, ils trouveront rapidement le centre de commande, tout en faisant la connaissance de Zordon et Alpha 5, qui voudront que les cinq jeunes deviennent des Power Rangers. Au même moment, Rita Repulsa sortira de son sommeil, tout en ayant pour objectif de ramener Goldar, son serviteur, à la vie. Dès lors, les cinq adolescents devront accepter leur destin et être les héros qu’ils sont destinés à être!

Offrir un reboot de Mighty Morphin Power Rangers était probablement la meilleure idée qu’on pouvait offrir. Non seulement l’œuvre originale de Haim Saban commençait à avoir un coup de vieux indéniable, mais le côté campy et cheesy de cette vieille série télévisée ne rendait pas justice au potentiel de la franchise. Sur ce point, nous pouvons être fiers de Dean Israelite et de son armée de scénaristes qui ont essayé d’offrir la meilleure version possible dans un côté sombre. Dès la scène d’introduction, il s’avère clair que Power Rangers ne fera pas dans la dentelle, montrant une ancienne équipe de superhéros mourir sous la dictature de Rita Repulsa. Bien que ce point scénaristique ne soit pas le meilleur de l’œuvre, il aide à comprendre le changement radical que veulent offrir John Gatins (Real Steel), Matt Sazama (The Last Witch Hunter), Burk Sharpless (The Last Witch Hunter, Gods of Egypt), Michele Mulroney (Sherlock Homes: A Game of Shadows) et Kieran Mulroney (Sherlock Homes: A Game of Shadows) avec leur nouvelle approche sur la troupe de héros. D’un autre côté, Power Rangers tire un certain bénéfice à rendre les nouveaux héros attachants et à offrir un développement en crescendo plus qu’admirable. On donnera également à l’œuvre d’offrir plusieurs nouvelles trouvailles et changements qui aident à rendre l’univers de l’œuvre crédible, tout comme une réimagination parfaite des personnages de Saban Brands.

Pour autant, la plus grande qualité de Power Rangers est clairement de doser correctement le côté sombre et réaliste de nos superhéros préférés. Si une œuvre comme Power/Rangers de Joseph Kahn fut médiocre, en ratant largement cette avenue en faisant des cinq jeunes avec des aptitudes des enfants-soldats, avec de la violence, du sexe et de l’impolitesse en pagaille, l’œuvre de Dean Israelite est beaucoup plus mature et amène correctement ce point, tout en ayant parfaitement compris comment doser proprement pour ne pas rendre le concept plus ridicule que la série télévisée d’origine. Dès ses premiers balbutiements, Power Rangers débute en fanfare en montrant des rangers mourir, mais également développe concrètement les nouvelles personnalités de Jason, Kimberly et Billy. Si d’un côté Jason et Kimberly sont parfaitement retranscrits, tout en étant différents dans leurs approches, Billy se révèle être un inventeur et geek passionné mieux amené que l’œuvre originale. Même chose pour Zack et Trini qui sont beaucoup plus complexes et travaillés que par le passé, surtout Zack qui vit mal la maladie de sa mère. L’oeuvre se permet même une série de meurtres crapuleux, avec une investigation de la police, tout en mettant l’accent sur l’intimidation à l’école de manière réaliste.

Image promotionnelle

Cette nouvelle version se révèle également excellente en donnant un développement consistant à nos héros. Un peu comme Chronicle ou Fantastic Four (2015), il s’avère que cette nouvelle mouture met plus l’accent sur les personnages et leurs pouvoirs, plutôt que des scènes d’action haletantes. Dans cette optique, on se rend compte que Power Rangers tire sa plus grande qualité, permettant aux cinq adolescents de pouvoir être mis en valeur, mais également de comprendre et voir comment fonctionne leur habilités. C’est surtout le cas, lors du second arc de l’histoire, où nos rangers découvrent l’iconique centre de commande, en apprenant à se battre avec des hologrammes et en cherchant à découvrir comment devenir des Power Rangers. Pour autant, la meilleure scène de développement de personnages demeure celle où, assis autour d’un feu, les cinq personnages principaux se racontent leurs vies, mais également les désagréments qui en font des bras cassés imparfaits (l’histoire de Trini, suggérant son homosexualité, demeure le point culminant de ce moment!).

On touche également la cible avec le personnage de Rita Repulsa elle-même. Bien que le personnage a toujours été très cheesy et léger dans la trajectoire de la série télévisée Mighty Morphin Power Rangers, il s’avère que l’œuvre de Dean Israelite décide plutôt d’en faire une psychotique/psychopathe assez terrifiante. On montre même plusieurs scènes effrayantes avec elle où, de façon suggérée, elle tue des gens sans remords. La scène culminante de ce personnage demeure la fameuse séquence de la bijouterie où, par son comportement décalé et sa folie présente, le personnage vole la vedette et devient magistral. D’un autre côté, la nouvelle Rita Repulsa s’avère aussi une combattante exemplaire, terrassant même les Power Rangers pendant une séquence de combat impressionnante. C’est également par elle qu’on offre une mort très inattendue pendant le second arc, qui met en évidence une noirceur assez parfaite. On donnera également à Rita Repulsa d’avoir un nouveau design vert très irréprochable, tout comme un regard et une apparence terrifiante. Bien que l’ancienne Rita Repulsa, présente dans Mighty Morphin Power Rangers jusqu’à Power Rangers in Space, était un personnage qu’on adorait, la nouvelle version est une amélioration quasi parfaite et nécessaire à une version sombre des Power Rangers.

L’œuvre de Dean Israelite se révèle également brillante de par les effets spéciaux dantesques offerts. Bien que la franchise Power Rangers a toujours été assez professionnelle dans ses effets spéciaux, ils demeuraient toujours assez modiques avec les réutilisations d’images des œuvres Super Sentai. Pour autant, ce nouveau long-métrage parvient à enfin rendre crédibles les armures des Power Rangers (alors que les anciennes séries se contentaient de costumes en tissus et de casques en plastiques) qui sont des particules dans l’air, qui deviennent des armures métalliques dignes d’Iron Man. C’est aussi dans l’utilisation des séquences d’action que l’œuvre tire son génie. Si la fameuse séquence d’hallucinations avec Rita Repulsa, où la fin du monde arrive, est assez impressionnante visuellement, c’est surtout envers la bataille finale entre Goldar/Rita Repulsa contre les Power Rangers, munis des mythiques megazords, que l’œuvre démontre son aspect technique irréprochable au niveau des effets spéciaux. Le seul qui pâtit peut-être d’une mauvaise utilisation demeure la nouvelle version de Goldar, qui s’avère être simplement une matière liquide mal rendue.

Ce long-métrage se révèle également des plus intéressants grâce aux multiples clins d’oeil qu’il offre tout du long. Si les références à Power Rangers: Zeo sont assez évidentes, on se rend compte aussi que l’œuvre se permet aussi un dialogue assez clair de Rita Repulsa, en fin de parcours, qui laisse sous-entendre que des antagonistes comme Lord Zedd ou la troupe des Machine Empire pourraient faire leur apparition dans une éventuelle suite. L’œuvre se permet même une apparition d’un mythique ranger dès le début, tout en laissant une scène post-générique assez clair sur la suite de la saga. On retrouve même plusieurs musiques iconiques ou des acteurs d’anciennes séries qui font leurs apparitions furtivement dans cette nouvelle mouture. On touche même l’excellence avec la fameuse séquence du « It’s morphin time » qui reste longtemps en mémoire!

Affiche allemande

Au niveau du côté technique, on se rend compte assez vite que Power Rangers tient du génie! À la réalisation, Dean Israelite (Project Almanac) offre un nouveau coup de circuit en ayant une réalisation dynamique, inventive avec plusieurs plans de caméras assez inusités. C’est surtout le cas de la fameuse séquence d’accident de voiture de Jason, en début de parcours, qui montre la caméra tourner dans tous les sens, tout en restant dans la voiture et avec le point de vue du personnage. Martin Bernfeld et Dody Dorn offrent un montage assez dynamique, même si parfois nous sentons qu’il manque des scènes (la séquence de la bijouterie est assez claire sur ce point) ou que certaines séquences supprimées des bandes-annonces manquent à l’appel. Pour autant, cela demeure mineur, et Power Rangers demeure assez professionnel sur ce point, en sachant qu’il a été réalisé en moins d’une année. Matthew J. Lloyd offre une direction photographique sombre et réaliste qui marche parfaitement avec le style de l’œuvre, tout en tentant de rendre certaines scènes suffisamment colorées pour que celles-ci soient marquantes, surtout celles dans le chantier de construction. La musique de Brian Tyler est probablement le point fort de l’œuvre, donnant des nouveaux thèmes héroïques bluffants, tout en tentant de rendre chaque scène marquante de par sa musique. On retiendra également les clins d’oeil musicaux dantesques avec la reprise du thème Go Go Power Rangers de The Power Rangers Orchestra qui fut présente dans Mighty Morphin Power Rangers: The Movie, tout en ayant la musique The Power de Snap pendant le générique de fin, qui fut également utilisée dans ce long-métrage de 1995.

Au niveau des acteurs, nous touchons aussi l’excellence. Dans le rôle principal, Dacre Montgomery (Stranger Things) offre une performance investie et où on sent qu’il donne de très bonnes émotions. Naomi Scott (Terra Nova) donne aussi un bon jeu d’actrice, tout en donnant de très bonnes nuances à son personnage, montrant qu’au travers des lignes du scénario, elle a mieux compris son personnage que le spectateur lui-même. RJ Cyler (I’m Dying Up Here, War Machine) délivre une bonne performance, en tuant le stéréotype agaçant du geek aux lunettes. Ludi Lin (Monster Hunt, Marco Polo) donne un Zack survolté et blagueur qu’on apprécie très vite, tout en lui donnant une très bonne nuance dramatique, lorsque nécessaire. Becky G. (qui se révèle être une chanteuse dans la vie de tous les jours) est peut-être la seule qui n’est pas si impressionnante que cela, mais son jeu est assez juste malgré tout. C’est au niveau des personnages plus secondaires que Power Rangers offre de bonnes pointures, comme Elizabeth Banks (la saga Hunger Games), Bryan Cranston (Breaking Bad) ou Bill Hader (Superbad) dans les rôles de Rita Repulsa, Zordon et la voix d’Alpha 5. Tous livrent de très bonnes performances au passage. On notera aussi la présence de Jason David Frank (Tommy Oliver) et Amy Jo Johnson (Kimberly Hart), de la première génération de Mighty Morphin Power Rangers, dans des caméos furtifs.

Au final, Power Rangers est non seulement un excellent reboot à Mighty Morphin Power Rangers, mais également une brillante réimagination de la franchise de Saban Brands. Bien que l’œuvre ait été faite pour les bénéfices, on sent toujours une passion et une envie de retravailler concrètement le concept de la franchise. Au travers de tout cela, Dean Israelite délivre une nouvelle mouture forte dynamique, tout en donnant sa patte indéniablement sur les changements nécessaires, comme la mort de certains Power Rangers ou l’aspect plus sombre et réaliste voulu. Par la même occasion, les nouvelles versions des cinq adolescents avec des aptitudes, tout comme Rita Repulsa, Zordon ou Alpha 5, sont toutes exceptionnelles et parviennent à être des différences notables et brillantes. Pour autant, c’est au niveau des effets spéciaux et des nombreux clins d’oeil que l’œuvre tire son génie. Bien que l’œuvre soit plus un long-métrage de personnages que d’action, il s’avère que cette méthode paye et, une fois le développement des personnages terminé, l’œuvre prend son envol dans une séquence d’action finale époustouflante. Sincèrement, même si, à la télévision, Power Rangers prospère toujours avec des séries télévisées comme Power Rangers: Ninja Steel, l’œuvre de Dean Israelite est parvenue à prouver que les superhéros de Saban Brands pouvaient être pris au sérieux dans un contexte sombre et sérieux!

Note : 4.5/5

En résumé :Bien que ce reboot de Mighty Morphin Power Rangers ne soit pas le meilleur qu’on pouvait faire, il s’avère que dans une destinée sombre et réaliste, Dean Israelite et sa troupe de scénaristes ont offert le mieux possible, tout en donnant une excellente réimagination et un résultat final qui dépasse les attentes. On donnera également des points à la distribution qui se donne à fond, les effets spéciaux impressionnants et la maîtrise complète des scénaristes qui auront offert un brillant long-métrage de personnage, à défaut d’offrir le meilleur long-métrage d’action de l’année. Au moment où nous parlons, Saban Brands et Lionsgate Films préparent déjà un arc de six longs-métrages basés sur la troupe de héros. Bien que le box-office ne soit pas exceptionnel (117 millions pour un budget de 100), il reste qu’avec la scène post-générique offerte, nous avons déjà hâte de voir ce que proposera la suite!


Réalisation : Dean Israelite

Scénario : John Gatins, Matt Sazama, Burk Sharpless, Michele Mulroney, Kieran Mulroney

Avec : Dacre Montgomery, Naomi Scott, RJ Cyler, Ludi Lin, Becky G., Elizabeth Banks, Bryan Cranston, Bill Hader

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s