[CRITIQUE] Gutshot Straight (2014)

Résumé : Un joueur est entraîné dans une vie de richesse et de pouvoir lorsqu’il a la chance de faire beaucoup d’argent, mais il réalise rapidement qu’il est un pion dans une machination pouvant lui coûter la vie.

Critique :

En général, le Québec parvient à obtenir les films de Steven Seagal (Under Siege) en simultané avec les États-Unis. Malheureusement, depuis quelques années, la tendance commence à changer alors que des films comme End of the Gun ou Contract to Kill débarque dans notre belle province avec quelques mois de retard. Des retards qui ne sont certes pas comparables avec ceux vécus en France, mais certains longs-métrages, comme Gutshot Straight, prennent plusieurs années pour traverser la frontière…

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Jack est un joueur compulsif ayant une énorme dette envers un criminel local. Un jour, tandis qu’il croupit dans son casino préféré, il remarque une table de poker composée de joueurs riches, jouant pour plusieurs milliers de dollars. Assis à un bar, Jack est interpellé par Duffy, un de ces joueurs, qui lui fait une offre irrésistible : il rendra Jack riche à condition qu’il ait des relations sexuelles avec sa femme en sa présence. Jack refuse sans hésiter, mais lorsque son créancier le presse de lui rembourser son argent, Jack est forcé d’accepter cette offre sans se douter de la tournure que prendra ces événements.

Gutshot Straight est un oiseau assez unique dans la filmographie de Steven Seagal. Même si l’acteur n’est présent que pour deux minutes, le long-métrage n’est aucunement comparable aux films d’action typiques de la filmographie de l’acteur. Gutshot Straight est digne des thrillers noirs avec une histoire typique des films d’action de seconde zone des années 90 (les explosions et les scènes d’action en moins) et quelques acteurs populaires dans des rôles clés. Même que nous avons vaguement l’impression que le scénario du film fut écrit durant cette décennie, avant d’être remisé sur une tablette pendant deux décennies. Cela ne fait pas de Gutshot Straight un mauvais film en soi, mais les admirateurs du populaire acteur seront déçus dans ce divertissement.

Centré sur l’histoire de Jack, le film suit un cahier de charges bien précis avec un scénario assez prévisible qui se contente de recycler le même matériel que les téléfilms d’après-midi destinés au public féminin. Pire encore, si nous remplaçons la distribution de Gutshot Straight par quelques actrices américaines ratées, nous avons clairement un téléfilm entre les mains. Heureusement, le scénario de Jerry Rapp (Sand Trap) est suffisamment réussi pour maintenir le spectateur accroché à l’histoire d’un joueur compulsif quelconque. Néanmoins, une certaine lenteur est présente dans le premier acte de cette production, une lenteur qui risque d’en endormir certains.

Image du film

Cette lenteur nous fait également remarquer que Gutshot Straight fait tout pour étirer sa durée, avec son rythme saccadé et avec de nombreux flashbacks qui ont une utilité assez faible, en recyclant constamment les précédentes scènes, pour refléter le cheminement psychologique de Jack. La seconde moitié tente de résoudre à ce problème en introduisant un nouveau personnage menaçant, afin de dynamiser le tout; une tentative dont le résultat est assez éphémère. L’arrivée d’un certain Lewis ne fait que mettre de l’emphase sur les problèmes de la première partie, tout en apportant quelques problèmes de continuité au passage.

De plus, Jerry Rapp est incapable de nous donner un seul personnage aimable. Malgré un duo de protagonistes qui vivent des événements terribles, Jack et la compagne de Duffy ne parviennent pas à conquérir le cœur des spectateurs, créant ainsi un vide entre leurs actions et notre perception. L’un nous parait comme un simple crétin et l’autre comme un cliché ambulant de la femme fatale. Les antagonistes souffrent également du même problème, et en plus, ils traînent avec eux des éléments d’intrigues non résolus. Le fait qu’ils connaissent Jack en est un bon exemple, dans la mesure où ce sont la première fois de leur vie qu’ils croisent la route de Jack. En fait, le seul personnage crédible et appréciable de cette production est étrangement celui de Steven Seagal, bien que ce dernier n’est présent que pour quelques minutes. Et pourtant, son rôle n’est aucunement original, alors que l’acteur reprend en quelques minutes un condensé de sa carrière, avec une prévisibilité évidente pour les admirateurs de Seagal.

Derrière la caméra, Justin Steele (Death and Cremation) nous livre un long-métrage typique de Las Vegas. Sa lentille est soignée et posée avec une direction photographique très jolie qui capture bien l’ambiance de cette ville. De plus, le réalisateur explore cette ville mythique durant le jour, nous faisant découvrir un côté qu’il est assez rare de retrouver à l’écran, sans pour autant sombrer dans les ruelles de CSI. De plus, Steele se paie même le luxe d’avoir un générique d’ouverture magnifique, qui n’a rien à envier aux nombreux volets de la franchise James Bond.

Par contre, il nous faut jeter quelques cailloux sur Steele dans la mesure où son long-métrage manque cruellement d’action. Gutshot Straight est un thriller assez verbeux, avec des dialogues qui ne permettent pas d’établir le sentiment d’urgence vécue par les personnages et qui laisse quelques éléments hors du champ de la caméra. De plus, Gutshot Straight n’hésite pas à nous montrer de la sensualité et de la sexualité dans un bar, mais Steele est incapable de reproduire cet effet durant une scène clé de l’oeuvre. La seule « vraie scène de sexe et d’érotisme » est un côté plastique et artificiel qui annule totalement les propos de cette séquence.

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Dans le rôle-titre, George Eads livre une bonne performance, mais il est incapable de sortir de sa zone de confort, tandis que l’acteur rejoue essentiellement son personnage de la défunte série CSI. Pour lui donner la réplique, AnnaLynne McCord (90210) reste malheureusement de glace pour l’entièreté du long-métrage avec un jeu d’actrice fade et sans saveur. Stephen Lang (Don’t Breathe) et Ted Levine (Monk) sauvent la mise en interprétant deux antagonistes plus grands que nature, volant au passage chacune de leurs scènes avec des interprétations au-dessus de celles du reste de la distribution. Steven Seagal et Vinnie Jones (Escape Plan) sont également présents pour des caméos de luxe, en étant visibles que pour quelques minutes. Néanmoins, l’actrice culte Tia Carrere (True Lies) a un rôle assez étrange, puisque l’actrice a le rôle d’une figurante dans un bar de danseuses nues, rendant sa présence inutile au générique. Quitte à avoir une Carrere créditée parmi les premiers rôles, il faut au moins avoir la sagesse d’utiliser l’actrice pour autre chose que pour un rôle de cinq secondes…

Avec cette autre présence à mettre sur sa fiche IMDB, Steven Seagal ne plaira pas à ses admirateurs avec Gutshot Straight. Néanmoins, le long-métrage pourrait plaire aux habitués des téléfilms d’après-midi, grâce à son intrigue intéressante, mais prévisible. Certes, le film est une autre arnaque où les plus grosses vedettes de son n’apparaissent que pour quelques minutes, voire même pour quelques secondes. Cela n’empêche pas d’être diverti par Gutshot Straight, avec son offre cinématographique assez communie et peu originale.

Note : 1.75 / 5

En résumé : Gutshot Straight est un petit thriller verbeux sans plus, qui ne cherche aucunement à surprendre son spectateur.


Réalisation : Justin Steele

Scénario : Jerry Rapp

Avec : George Eads, AnnaLynne McCord, Stephen Lang, Ted Levine, Vinnie Jones, Steven Seagal, Tia Carrere, Fiona Dourif

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